L’architecture phocéenne à de quoi fasciner. Entre les pagodes bouddhistes ou le MuCem, une autre bâtisse délie les langues. Il s’agit d’une maison jaune et blanche qui surplombe l’Anse de Maldormé, sur la presqu’île de Malmousque.
Perchée sur son piton rocheux, la Villa La Petite Ourse est une demeure de 246m² de superficie sur un terrain de 634 m2 est qui fait rêver. On imagine la vue imprenable sur le littoral marseillais et l’île d’Endoume juste en face. Mais au-delà de son emplacement privilégié, son allure fière et élégante attise la curiosité autant qu’elle fascine. Car derrière une architecture simple et raffinée, se cache une histoire rocambolesque qui mêle scandales, rumeurs et faits sombres.
L’histoire de La Petite Ourse, une maison qui a traversé les âges et les rumeurs

Construite au XIXe siècle, elle abrite tout d’abord le Restaurant café Buffet avant d’être renommée La Joconde. Surnommé « La Venise du littoral », il devient un lieu prisé des clients pour son cadre idyllique et reposant. Il aurait d’ailleurs sans doute figuré dans notre classement des meilleurs restaurants en bord de mer de Marseille. La vie hôtelière de la villa dure jusqu’au milieu du XXe siècle, avant d’être vendue et d’accueillir un consul japonais. C’est ensuite Jeannie Peretti, la femme d’Alexandre Guérini, qui en devient propriétaire en 1996 et lui donne le nom de Villa La Petite Ourse. Elle est rétrocédée à la Ville de Marseille avant d’être finalement vendue à des particuliers en 2007.
Passée entre de nombreuses mains, la villa s’est peu à peu entourée d’un voile de rumeurs. L’identité de ses propriétaires actuels demeure inconnue, laissant libre cours aux spéculations. Certains ont ainsi prêté la demeure à des figures célèbres, évoquant tour à tour les noms de Roland Petit ou de Kad Merad. Des hypothèses séduisantes, mais qui ont vite été démenties.
Faits sombres à la Villa et ses alentours
Derrière l’élégance et le calme apparent de la villa se cache une histoire marquée par plusieurs drames, rapporte l’Essentiel. En 1894, la bonne Marie Arnoux est retrouvée noyée en contrebas des roches, inaugurant une longue série de faits tragiques. En 1911, la quiétude du lieu est à nouveau brisée lorsqu’Émile Schmieder y tue le comédien Louis Deroche de jalousie. Plus tard, en 1932, un fait divers particulièrement sombre se déroule juste en face de la villa : Alfred Eustace abat sa compagne Rose Bernard avant de mettre fin à ses jours. Enfin, en 1947, l’anse voisine est le théâtre d’un accident mortel. M. Feuillerat succombe aux suites d’une grave blessure causée par une hélice de pêcheur. Autant d’événements qui confèrent à la villa et à ses alentours une aura aussi mystérieuse que troublante.
Scandales dans la maison jaune et blanche de Malmousque
En 1996, la villa change de mains dans un contexte pour le moins trouble. Jeannie Peretti – femme d’Alexandre Guérini – achète en effet la maison pour 9,25 millions de francs dans des conditions louches. Au même moment, la justice s’intéresse de près à Jean-Noël Guérini, le frère d’Alexandre. Il est alors mis en cause pour ses liens avec le grand banditisme corso-marseillais et pour des faits de blanchiment d’argent. Cette affaire conduit les enquêteurs à examiner les finances d’Alexandre Guérini. C’est ainsi qu’ils découvrent que l’achat de la propriété, tout comme l’ampleur des travaux engagés, dépasse largement les ressources du couple. On y trouve notamment un jacuzzi, des piscines ou encore une salle de cinéma. À l’issue de la procédure, le couple est contraint de céder la maison jaune et blanche, qui devient propriété de la Ville de Marseille.
En 2007, la Villa La Petite Ourse est finalement revendue à des propriétaires restés anonymes, ajoutant une dernière touche de mystère à son histoire déjà singulière.