Vous la voyez tous les jours sans y penser : cette longue ligne grise qui ferme l’horizon du Vieux-Port. C’est la Digue du Large, sept kilomètres de béton qui protègent Marseille depuis un siècle — et sur lesquels vous n’avez normalement pas le droit de poser un pied. Sauf en ce moment.
Sept kilomètres bâtis avec les pierres du Frioul
Achevée en 1925, la digue est un morceau d’histoire marseillaise à elle seule. Blocs de béton et pierres extraites des carrières du Frioul : elle protège les bassins de la Joliette et d’Arenc des tempêtes et de la houle. Détail qu’on oublie souvent : elle n’a pas été conçue uniquement comme un ouvrage technique, mais aussi comme une promenade publique. D’où son escalier monumental à double volée et sa corniche en pierre de Cassis à bossages rustiques. On construisait avec panache, à l’époque.
Pourquoi personne n’a plus le droit d’y aller

La promenade a duré le temps qu’elle a duré. Après les attentats du 11 septembre 2001, les règles internationales de sûreté portuaire se sont durcies et la digue a été fermée au public. Pendant des décennies, seuls 500 membres d’une association de pêcheurs y accédaient encore, par navette. Quelques exceptions ont ponctué ce long huis clos. En 2013, année de la capitale européenne de la culture, l’artiste Kader Attia y installe Les Terrasses. En 2023, un tronçon de 450 mètres s’entrouvre. Finalement, en 2024, des dîners insolites et des visites de deux heures y sont organisés.
Comment en profiter avant le 5 septembre
Cet été, l’Office de Tourisme propose vingt et une visites guidées gratuites, du 27 juin au 5 septembre, tous les mercredis et samedis à 8h30. Réservation obligatoire sur marseille-tourisme.com, et il faut être matinal — mais la lumière de 8h30 sur la rade est un argument en soi. De là-haut, vous embrassez d’un même regard le Pharo, le Mucem, la Bonne Mère et les îles du Frioul. Autant dire que la carte postale se mérite, et qu’elle referme ses portes dans quelques jours.